UBISOFT: COMMENT EST-IL DEVENU LE GÉANT FRANÇAIS DU JEU VIDÉO ?

Ubisoft est une entreprise française d’édition et de distribution de jeux vidéo, créée en mars 1986 par les frères Guillemot (Claude, Michel, Yves, Gérard et Christian), originaires de Carentoir en Bretagne. Dans les années 1980, ils vont tenter de diversifier les activités de l’entreprise familiale alors spécialisée dans les produits agricoles. 

Ubisoft. © Ubisoft

Ubisoft, va développer une culture du succès qui lui vaut en 2017, la place de 3ème leader mondial dans le domaine vidéo ludique. C’est en 1986, qu’Yves Guillemot et ses frères créent Ubisoft à Carentoir, en Bretagne. La société est alors consacrée à la distribution de jeux d’éditeurs américains tels que Electronic Arts, Sierra ou encore LucasArt.

En plus de la distribution, Ubisoft s’essaye au développement de ses propres jeux vidéo dont le premier, Zombi, verra le jour sur Amstrad CPC. Succès commercial, Zombi va faire connaitre une rapide croissance à la compagnie.

Iron Lord, sorti en 1989 atteindra les 100 000 exemplaires vendus. L’année suivante, Ubisoft loue un château en Bretagne pour réunir les différents développeurs de jeux. C’est le premier studio de développement de l’entreprise et le début d’une grande aventure.

UBISOFT, UN PETIT GOOGLE A LA FRANCAISE ?

Epyon, journaliste et fin connaisseur de l’éditeur français chez Jeuxvideo.com nous explique ceci : « Lorsque je fais le bilan avec les différentes personnes qui ont ou travaillent chez Ubisoft, ça te donne l’impression d’être une boite dans laquelle il fait bon travailler […] ce qui permet une circulation de l’information très rapide. De plus, les développeurs travaillant sur des projets reçoivent des grosses primes si le jeu fonctionne bien. »

Doté d’un cadre agréable, les locaux d’Ubisoft sont réputés pour être de qualité. « La compagnie organise de temps en temps des barbecues en fin de journée afin de détendre ses employés. » ajoute-t-il. Cela pousse la comparaison avec Google qui met tout en œuvre pour le bien-être de ses travailleurs afin qu’ils restent le plus productif possible.

En revanche, selon le site Glassdoor, parmi les plus grands éditeurs, Ubisoft propose les salaires les plus bas pour les petits employés. Un programmeur touche 34 200 euros par an tandis que chez Activision, un concurrent majeur, un game designer touche 60 000 euros chaque année. Ceci n’empêche pas les plus petites boites d’être rachetées par Ubisoft, au contraire, l’éditeur français possède et continu de racheter des petits studios partout dans le monde. Une politique qui leur permet d’être un leader incontesté.

TOUJOURS PLUS DE STUDIOS

Aujourd’hui, la compagnie possède 32 studios dans le monde. L’éditeur a été le premier à ouvrir un studio en Afrique du Nord, Ubisoft Casablanca au Maroc. Ils ont dû le fermé afin de rationaliser leurs implantations dans le monde mais aussi à cause de la crise ayant frappé le secteur en 2016.

La boite possède l’un des plus gros studios de développement au monde, Ubisoft Montréal, qui a déjà développé pas loin de 80 jeux. Studio auteur de Tom Clancy’s Splinter Cell, Prince of Persia, Assassins Creed, Far Cry, etc.

La licence Assassin’s Creed a été vendue à plus de 100M d’exemplaires. © Ubisoft

Ubisoft semble avoir une image d’ogre qui dévore tout sur son passage mais l’objectif est bien plus noble. « Tu peux bosser avec un studio qui est à toi ou pas mais tout dépend de la liberté que tu lui donnes. […] c’est aussi un moyen de sécuriser une licence ou des technologies développées par ces studios mineurs » explique Epyon.

C’est pour créer une synergie entre les différents studios afin qu’ils échangent leurs technologies pour offrir aux fans, les meilleurs jeux possibles dont Ubisoft sait parfaitement exploiter les licences.

C’EST « LICENCE » MEME D’UBISOFT

C’est sans doute l’élément déclencheur du succès de l’éditeur. Rayman, Rainbow Six ou Assassin’s Creed pour ne citer que ces licences, continuent depuis leurs sorties de faire vivre l’éditeur français. Cette capacité à produire des titres à succès qui perdurent à travers les années est sa marque de fabrique.

Rayman, l’un des personnages emblématique d’Ubisoft. © Ubisoft

Pour Epyon « Ubisoft a un côté cross média que tu retrouves chez Nintendo. Ils se rêvent un peu comme les Disney du jeu vidéo. […] Dans le milieu, ce qui fait vivre les marques et ça Nintendo le fait très bien, c’est tout ce qui est autour. Aujourd’hui pourquoi Mario est si connu et apprécié ? Ce n’est pas seulement parce qu’il y a de super jeux mais c’est parce qu’on le voyait partout. » Les héros des jeux Ubisoft sont devenus des icônes de la culture populaire au même titre que Dark Vador ou James Bond.

Ubisoft fait également dans la Bande dessinée en partenariat avec les éditions Dargaud ou Dupuis. On peut y retrouver Assassin’s Creed, Les Lapins crétins, Might & Magic Heroes et Watch Dogs. Coté télévision et cinéma, on retrouve la série Les Lapins Crétins : Invasions diffusée en 2013 aux Etats-Unis et en France. Assassin’s Creed a eu droit à son film sorti le 21 décembre 2016.

Il est possible de retrouver leurs licences dans différentes attractions. En décembre 2013, le Futuroscope proposait une attraction sur l’univers des Lapins Crétins co-créée par Ubisoft Motion Pictures. En Avril 2016, Assassin’s Creed est transformé en Escape Game par Parisien The Game. C’est la première licence en France dans l’Escape Game. Été 2016, Ubisoft a ouvert un parc d’attractions de 1400 m² à Montréal autour des Lapins Crétins.

La compagnie envisage pour 2020, l’ouverture d’un parc d’attraction basé sur toutes ses licences phares à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Les frères Guillemont sont donc à la tête d’un capital de 6 milliards d’euros (21 juillet 2017). En 2016, leur chiffre d’affaires est 1,4 milliards d’euros. Commencé à 5, Ubisoft, c’est  maintenant près de 12,000 employés à travers le monde. La famille Guillemot, actionnaire à 13 % derrière les 25% de Vivendi, essayent de ne pas se faire « avaler » par le groupe Bolloré dont la récente tentative de rachat à échouer. Cependant, l’armistice n’a pas encore été signée.

Le crédit impôt du Québec est une des raisons de la rentabilité d’Ubisoft « Afin d’attirer les acteurs du jeu vidéo et de l’Hi-Tec en général, l’état à fait en sorte que la fiscalité soit très généreuse. Au Québec, les aides de l’état peuvent s’élever à 40 % du budget. » rajoute Epyon. Le premier ministre québécois, Philippe Couillard explique dans un article du TVA Nouvelles « Le crédit d’impôt appliqué sur les 1000 emplois créés par Ubisoft représente une dépense fiscale d’environ 160 millions $».

UBI UN JOUR, UBI TOUJOURS

Ubisoft a suivi « une évolution graduelle ». Grâce à de très bon jeux parus début 2000 dont ils ont su exploiter le succès jusqu’à présent, Ubisoft est devenu un géant du jeu vidéo grâce à leur technique de fidélisation des joueurs digne de Disney et Nintendo. C’est même l’ingrédient majeur de leur réussite. Espérons seulement que la compagnie ne se perde pas dans ses multiples activités car, à force de suivre plusieurs lièvres à la fois, le risque de perdre son identité n’est pas loin.

 

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