LES « MÉMOIRES » DE LE PEN: ENTRE VIE PRIVÉE ET SOUVENIRS POLITIQUES

Dans son ouvrage, Fils de la nation, à paraître le 1er mars prochain, Jean-Marie Le Pen revient sur les moments marquants de sa vie, allant de sa naissance à la création du Front National en 1972. De Gaulle, Pétain, œil perdu, relation avec Marine; il raconte ses souvenirs à travers sa propre vérité.

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Jean-Marie Le Pen alors qu’il n’était qu’étudiant – © Valérie Laupies

 

Il était une fois Jean-Marie. Le co-fondateur du FN a commencé à écrire ses « mémoires » en 1975, sur l’Eryx II, en traversant l’océan pacifique. 43 ans plus tard, le 1er mars 2018, son premier tome Fils de la nation, va être tiré à 40 000 exemplaires.
Loin d’être choisie au hasard, cette date va précéder d’une dizaine de jours seulement le 16ème congrès de refondation du Front National, que tiendra sa fille, à Lille. Moment où de grandes décisions seront prises pour le parti, tel qu’un changement de nom.

Dans ce premier ouvrage, publié aux éditions Muller, à bientôt 90 ans, Le Pen revient sur la période s’étendant de sa naissance, le 20 juin 1928 dans le Morbihan, à la création du FN en 1972. Ses « mémoires »  mêlent à la fois vie privée et souvenirs politiques.

AU COEUR DE SES « SOUVENIRS, SOUVENIRS »

Lorsqu’il fouille dans sa mémoire, Le Pen ne soigne guère la forme pour exprimer le fond de sa pensée. Concernant le général de Gaulle, il est intransigeant. « Charles de Gaulle reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France », écrit-il. Quant à sa première impression lorsqu’il la rencontré en 1945; « Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités (…). Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu ».

A l’inverse, il fait l’éloge du maréchal Pétain, personnage auquel il voue un véritable culte. « Il était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant », confie-t-il. « Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire ».

Lorsqu’il est dit que le co-fondateur du FN parle à coeur ouvert, c’est un doux euphémisme. Le Pen se dévoile et revient même sur sa première relation sexuelle, en août 1944. « L’été fut chaud sous les maillots cette année-là. (…) Je perds mon pucelage avec une voisine et n’en suis pas peu fier, je suis le plus bruyant des petits coqs », a-t-il écrit.

Au delà de ses ébats, Le Pen revient sur la perte de son oeil gauche, en 1965, lorsqu’il montait un chapiteau pour un meeting de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle de cette même année.

UN ULTIME COUP DE MAITRE ? 

A la fin de son ouvrage, le président d’honneur du FN évoque ses filles, notamment Marine, en adressant des mots durs. « Marine vient de subir une présidentielle et des législatives décevantes. Philippot et les siens l’ont quittée, elle peine à faire sa rentrée. (…) Elle est assez punie comme cela pour qu’on ne l’accable pas. Un sentiment me domine quand j’y pense : j’ai pitié d’elle », écrit-il.
Lorsque l’ouvrage sortira, à 10 jours seulement du congrès du FN, les mots de Le Pen peuvent lourdement atteindre Marine, déjà affaiblie politiquement.

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